Tunisie : L'inflation remonte à 5 % en février, tirée par les produits alimentaires

Analyse macro économique
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mannana dbibi mars 5, 2026, 12:41 PM

En février 2026, l'économie tunisienne enregistre un léger rebond de son taux d'inflation, s'établissant à 5 % contre 4,9 % le mois précédent.

Selon les dernières données publiées par l'Institut National de la Statistique (INS), cette dynamique résulte de forces contraires : une accélération marquée des prix des denrées alimentaires, partiellement amortie par une baisse conjoncturelle des prix de l'habillement.

Un glissement annuel porté par la flambée des produits frais

Sur un an, le taux d'inflation atteint donc les 5 %. Cette poussée s'explique principalement par la surchauffe du groupe « Alimentation », dont le rythme de progression s'est accéléré pour atteindre 6,7 % en février (contre 5,9 % en janvier 2026).

L'analyse détaillée des produits alimentaires révèle une forte volatilité à la hausse sur les produits frais :

  • Fruits frais: +19,4 %

  • Viande ovine : +16,3 %

  • Poissons frais : +14 %

  • Volaille : +12,8 %

À l'inverse, l'indice souligne une détente notable sur les prix des huiles alimentaires, qui s'inscrivent en fort recul de 10,3 % sur les douze derniers mois.

Du côté des produits manufacturés et des services, les prix augmentent respectivement de 4,6 % et 3,8 % en glissement annuel. On notera une forte résilience des prix de l'habillement et des chaussures (+8,9 %) ainsi qu'une hausse prononcée des services d'hébergement (+11,3 %).

Évolution mensuelle : une stabilisation permise par l'effet des soldes


D'un mois à l'autre, l'Indice des Prix à la Consommation (IPC) affiche une micro-hausse de 0,1 % par rapport à janvier 2026.

Cette apparente stabilité masque en réalité des ajustements sectoriels très marqués. Le panier alimentaire s'est renchéri de 1,3 % en un seul mois, propulsé par les poissons frais (+3 %) et les viandes (+2,9 % pour l'ovin). Cependant, cette pression a été neutralisée par le début de la saison des soldes d'hiver. Le groupe « Habillement et chaussures » a ainsi vu ses prix baisser de 4,6 % sur un mois (dont -4,8 % pour les vêtements et -4,7 % pour les chaussures), jouant le rôle d'amortisseur sur l'IPC global de février.

L'inflation sous-jacente et les produits encadrés : des signaux encourageants

Point d'attention majeur pour les autorités monétaires, l'inflation sous-jacente (hors produits alimentaires et énergie) confirme sa trajectoire baissière. Elle recule à 4,6 % en février, après avoir enregistré un taux de 4,9 % en janvier.

Cependant, la fracture entre le régime de tarification libre et encadré reste saillante :

  • Les prix libres (non réglementés par l'État) sont en hausse de 6,1 % sur un an. Dans cette catégorie, l'alimentaire libre culmine même à +7,6 %.

  • Les prix encadrés, quant à eux, demeurent sous contrôle strict avec une évolution globale de seulement +0,8 % (dont à peine +0,2 % pour les produits alimentaires à prix réglementés).

Contributions à l'inflation : qui pèse le plus ?

En analysant les contributions à l'inflation globale de 5 %, le rôle prépondérant de la tarification libre se confirme. Le groupe des produits non alimentaires libres apporte la plus forte contribution (2,9 points de pourcentage), suivi directement par l'alimentaire libre (1,9 point).

D'un point de vue purement sectoriel, les produits manufacturés et les services restent les principaux vecteurs de transmission de l'inflation, contribuant respectivement à hauteur de 1,7 % et 1,3 %.

En conclusion, bien que l'inflation de base recule, la persistance de l'inflation alimentaire continue de grever le pouvoir d'achat des ménages.

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