

Lors de sa communication financière tenue le 2 juin 2026 à son siège d'Ezzahra, le groupe Poulina Group Holding a présenté ses indicateurs consolidés pour l'exercice clos le 31 décembre 2025 ainsi que ses perspectives de développement à moyen terme.
La direction a mis en avant un exercice caractérisé par la consolidation des volumes opérationnels, une amélioration de la rentabilité nette et d'importantes réorganisations structurelles destinées à optimiser la valeur pour les actionnaires.
Interrogée sur la forte appréciation du titre en bourse par rapport à l'indice de référence, qui s'est traduite par un triplement du cours de l'action sur les deux dernières années pour dépasser le seuil des 28 dinars, M. Mahjoub Langar, PDG de Poulina, a souligné que le management n'exerce aucun contrôle direct sur le marché boursier mais se félicite de cette confiance accordée par les investisseurs. Cette valorisation accrue impose toutefois une pression positive constante aux équipes et au conseil d'administration pour maintenir le cap et délivrer les performances attendues.
Concernant les catalyseurs de cette dynamique, M. Ahmed Bouzguenda, Président du Conseil d'Administration, a mis en avant la régularité des réalisations opérationnelles, l'exploration active de nouveaux gisements de croissance à travers l'innovation ou des opérations de croissance externe, ainsi que la poursuite d'une politique d'investissement soutenue. Il a rappelé à cet égard que l'ADN du groupe s'apparente à celui d'un cycliste qui se doit de continuer à pédaler et d'aller de l'avant pour maintenir sa dynamique et son équilibre.
Pour l'année 2025, le groupe a enregistré des produits d'exploitation consolidés de 3 569,1 millions de dinars, ce qui représente une hausse de 3% par rapport à l'exercice précédent. Cette progression provient majoritairement du marché local qui représente 90% des revenus, soit 3 215 millions de dinars, tandis que les exportations s'élèvent à 344 millions de dinars. La direction a précisé que cette stabilité a été obtenue en privilégiant la préservation des parts de marché en volume plutôt qu'en procédant à des hausses de prix significatives. L'EBITDA s'est établi à 627,1 millions de dinars, en croissance de 2,4%, maintenant la marge d'EBITDA stable à 17,6%. Le résultat d'exploitation s'est élevé à 386,7 millions de dinars, affichant une légère progression de 0,7%.
Les charges de personnel ont augmenté de 15,1% pour atteindre 308,4 millions de dinars. Cette hausse s'explique par un effort de stabilisation des équipes à travers la conversion de 4 000 contrats à durée déterminée en contrats à durée indéterminée et l'intégration directe de 1 800 sous-traitants. Bien que cette mesure ait pesé sur la croissance de l'excédent brut d'exploitation à court terme, elle vise à renforcer la productivité future. Le résultat net consolidé a quant à lui progressé de 26,4% pour atteindre 204,9 millions de dinars, soutenu par la baisse des charges financières nettes et l'amélioration de la contribution des entreprises associées. Le conseil d'administration propose de distribuer un dividende de 0,670 dinar par action, en hausse de 48,9%, ainsi qu'une attribution d'actions gratuites selon une parité d'une action nouvelle pour vingt actions anciennes.
Sur le plan de la structure bilancielle, l'endettement brut reste stable à 2 303 millions de dinars, affichant une légère diminution de 9 millions de dinars. Le ratio de gearing s'est établi à 128%, contre 129% en 2024. Le besoin en fonds de roulement a diminué de 3% en valeur pour s'établir à 894 millions de dinars, ce qui équivaut à 90 jours de chiffre d'affaires contre 96 jours l'année précédente, sous l'effet d'une gestion optimisée des niveaux de stocks.
L'analyse sectorielle montre que le pôle agroalimentaire et l'intégration avicole continuent de dominer l'activité du groupe, représentant ensemble plus de 70% des revenus consolidés. La transformation d'acier demeure le principal moteur à l'exportation, générant 40,2% des ventes à l'étranger du groupe. Le secteur des matériaux de construction a connu une année contrastée en 2025. Si l'activité briqueterie a maintenu une bonne orientation, la filière céramique a subi le ralentissement de l'immobilier local, des perturbations logistiques aux frontières et l'émergence d'une concurrence chinoise sur le marché libyen. La direction a toutefois indiqué que les premiers mois de 2026 montrent des signes de reprise des parts de marché et des volumes à l'export pour cette activité.
Plusieurs projets stratégiques d'envergure ont été détaillés afin de rationaliser l'allocation des ressources. Le groupe a entamé le processus préparatoire pour filialiser et introduire en bourse ses activités agroalimentaires à travers un spin-off. Cette opération vise à éliminer la décote de conglomérat en offrant une lisibilité financière accrue à ce pôle. Cela permettra également d'attirer des fonds sectoriels internationaux dont les statuts interdisent d'investir dans des structures diversifiées, et facilitera le développement de la marque en Afrique. Par ailleurs, l'acquisition de 45,5% du groupe JMH, actionnaire de SAH Lilas, consolide la présence de Poulina dans les produits de grande consommation. Concernant le projet de racheter une participation stratégique dans Land’Or, une lettre d'intention non contraignante a été signée et une phase d'audit approfondi est en cours afin de valider les synergies possibles. Dans le domaine industriel, Poulina prévoit de lancer son projet de production de "Dicalcium phosphate", de la société Polyphos à Gabès d'ici août 2027, sous réserve d'obtenir les autorisations réglementaires finales.
Pour la période 2026-2028, Poulina entrevoit un nouveau cycle d'investissement avec un budget moyen de 336 millions de dinars par an, orienté principalement vers l'agroalimentaire, l'aviculture, l'emballage et les énergies renouvelables. Sur le plan de la transition énergétique, les installations photovoltaïques équipant 43 sites et les unités de cogénération ont permis d'importantes économies d'énergie, atténuant l'impact de la hausse des tarifs réglementés. Les objectifs du plan de développement à l'horizon 2028 tablent sur un taux de croissance annuel moyen de 4,6% pour les revenus, visant 4 079 millions de dinars, et de 5,1% pour l'EBITDA, ciblant 729 millions de dinars.