

Le Conseil d’Administration de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) s’est réuni le 3 juin 2026 pour analyser la conjoncture économique et financière.
À l'issue de cette réunion, l’institut d'émission a décidé de maintenir son taux directeur inchangé à 7%, privilégiant la prudence face à un regain d'inflation et à des incertitudes internationales persistantes.
Sur le plan intérieur, l'activité économique a enregistré une croissance de 2,6 % en glissement annuel au premier trimestre 2026. Ce rythme marque un léger fléchissement par rapport aux 2,7 % du trimestre précédent, mais affiche une progression par rapport au premier trimestre de l'année précédente (1,6 %).
Selon la BCT, cette dynamique est portée par le redressement du secteur des services, la performance de l’agriculture et la résilience de certaines branches industrielles, qui permettent de compenser la baisse d'activité observée dans le secteur de la construction.
Le secteur extérieur affiche une amélioration de ses indicateurs. Le déficit courant s’est contracté pour s’établir à 2 731 millions de dinars (MDT), soit 1,5 % du PIB à la fin du mois d'avril 2026, contre 2 957 MDT (1,7 % du PIB) un an plus tôt. Cette évolution a été favorisée par les performances de la balance des services et des revenus des facteurs, qui ont atténué la hausse de la facture énergétique. Hors énergie, la balance courante présente un excédent de 1 461 MDT, contre 726 MDT à fin avril 2025.
Parallèlement, les avoirs nets en devises ont poursuivi leur progression. Au 2 juin 2026, ils atteignaient 25,5 milliards de dinars, ce qui équivaut à 104 jours d’importations, contre 22,6 milliards de dinars (98 jours d’importations) à la même date en 2025.
L'évolution des prix reste un point de vigilance majeur pour la BCT. En avril 2026, le taux d'inflation s'est établi à 5,5 %, en hausse par rapport aux 5% du mois précédent. Cette accélération s'explique principalement par la hausse des prix des produits alimentaires frais (+13,3 % contre +10,9 % en mars) et par la progression de l'inflation sous-jacente (hors produits frais et administrés), qui s'élève à 5,0 % contre 4,8 % le mois précédent. En revanche, l'inflation des produits administrés a légèrement fléchi pour s'établir à 1,0 %, soutenue par le gel des prix des produits de base.
À l’échelle internationale, la persistance des tensions géopolitiques au Moyen-Orient continue d'influencer les marchés des matières premières et des produits alimentaires. Face à une inflation sous-jacente persistante, les principales banques centrales maintiennent également leurs taux directeurs inchangés.
Dans ce contexte, le Conseil d'Administration de la BCT estime que les pressions inflationnistes externes représentent un risque de hausse pour les prix domestiques. L’institution réaffirme la nécessité d'une politique monétaire prudente afin de stabiliser les prix et de préserver les équilibres macroéconomiques, se disant prête à ajuster ses instruments si les perspectives d’évolution des prix le nécessitent.