Article
Ciments de Bizerte : revenus en baisse de 20 % au 1er semestre 2026
Ciments de Bizerte réduit sa perte à 22 MD au S1 2026, mais ses revenus chutent de 20,4 % et le four reste à l'arrêt. Analyse des résultats semestriels.

La société Les Ciments de Bizerte a enregistré une perte nette de 22 millions de dinars ( MD) au premier semestre 2026, contre 27,3 MD un an plus tôt sur base retraitée, soit une amélioration de 5,3 MD. Ce résultat intervient alors que la production de clinker reste à l'arrêt depuis le 15 octobre 2023.
Les revenus reculent de 20,4 % à 14,8 MD, contre 18,6 MD au premier semestre 2025. Les ventes de ciment baissent de 18,9 % à 16,0 MD avant ristournes. Faute de clinker produit en interne, la société en a acheté 59 882 tonnes sur le semestre, une quantité qu'elle juge elle-même insuffisante pour honorer ses engagements. L'usine fonctionnant très en dessous de sa capacité, le coût de la sous-activité atteint 11,1 MD.
La marge brute reste négative à −0,8 MD, contre −2,6 MD un an plus tôt. Le résultat d'exploitation s'améliore de −22,1 MD à −16,5 MD, aidé en partie par des dotations aux provisions nettement plus faibles. Les charges financières pèsent 5,5 MD.
Les comptes 2025 ont par ailleurs été corrigés pour intégrer des pénalités de retard dues aux banques. Une fois cette correction prise en compte, la perte du semestre atteint 23,7 MD.
Le bilan reflète une situation tendue. Les capitaux propres sont tombés à 74,8 MD contre 116,5 MD un an plus tôt. Les dettes à court terme atteignent 232,5 MD, alors que les actifs à court terme ne dépassent pas 47,2 MD. Le poste des dettes bancaires et financières à court terme s'élève à 102,5 MD, dont 33,9 MD d'emprunts échus et non remboursés et 16,7 MD d'intérêts dus. La trésorerie disponible n'est plus que de 0,55 MD, contre 4 MD un an plus tôt, et l'activité a consommé 3 MD de trésorerie sur le semestre.
Dans leur rapport d'examen limité, les commissaires aux comptes ne formulent pas de réserve, mais signalent une incertitude significative liée à la continuité d'exploitation.
Un plan de restructuration a toutefois été approuvé en 2026 par un conseil ministériel restreint. Il prévoit le redémarrage rapide du four de cuisson, la modernisation des équipements et une restructuration de la dette. La société a reçu des propositions de consolidation de ses crédits de la BIAT, de l'ATB, d'Amen Bank et de la BH. De nouveaux financements, accordés par un pool bancaire mené par la BH, sont prévus une fois cette première étape achevée.


