
Le Conseil ministériel restreint du 17 mars 2026 a acté le lancement immédiat d'un plan de restructuration pour la société Les Ciments de Bizerte. Ce programme d'investissement massif s'articule autour de trois phases prioritaires.
La première étape consiste à remettre en service le four de cuisson pour relancer la production de clinker dans les plus brefs délais. Cette reprise technique s'accompagne d'une modernisation progressive des équipements et d'une mise à niveau des systèmes d'information pour gagner en performance environnementale et numérique.
Pour soutenir cette relance, l'État mobilise les financements indispensables à la continuité de l'exploitation tout en sécurisant l'approvisionnement du marché local. Le plan prévoit également des réformes structurelles profondes incluant le renforcement de la gouvernance et la consolidation des compétences internes. Sur le plan logistique, la stratégie mise sur la relance du transport ferroviaire et la valorisation du quai commercial afin de doper les capacités d'exportation de l'entreprise.
Cette intervention gouvernementale répond à une urgence absolue car la société ne survit actuellement que par des activités de substitution. Faute d'un outil industriel fonctionnel, l'entreprise s'est transformée en simple centre de broyage de clinker importé et en plateforme de déchargement portuaire pour tiers. Bien que ces services logistiques génèrent des revenus ponctuels, ils ne suffisent pas à masquer une situation nette alarmante.
Le bilan financier affiche un endettement lourd de 122,3 millions de dinars que la société n'est plus en mesure d'honorer. La direction a officiellement reconnu une dégradation de sa trésorerie empêchant le règlement régulier des fournisseurs et des échéances bancaires. Le plan de restructuration validé à la Kasbah constitue donc l'ultime levier pour rétablir les équilibres financiers et assurer la pérennité de ce fleuron industriel coté en Bourse.