

Dans le dernier épisode du podcast Nakechni, diffusé le 18 février 2026 sur la chaîne YouTube de l’IACE, Nidhal Ouerfelli, expert international en transition énergétique et ancien ministre auprès du chef du gouvernement chargé de la Coordination et des Affaires économiques, a alerté sur les conséquences économiques et industrielles du retard tunisien dans la transition énergétique.
Selon l’expert, la dépendance de la Tunisie aux importations de gaz exerce une pression importante sur le budget national et sur la balance commerciale. Le déficit commercial énergétique est estimé à 9 milliards de dinars.
Pour illustrer cette situation, Nidhal Ouerfelli cite le mois d’août 2025 : les exportations énergétiques ont atteint 1,5 milliard de dinars, tandis que les importations se sont élevées à 9 milliards de dinars, entraînant un déficit commercial de 7,5 milliards de dinars. « Renforcer l’indépendance énergétique est essentiel pour alléger le fardeau financier de l’État et sécuriser l’approvisionnement en énergie », insiste-t-il.
Malgré l’adoption d’une stratégie nationale de transition énergétique, le rythme de sa mise en œuvre reste insuffisant, souligne l’expert. Ce retard compromet la sécurité des approvisionnements en énergie renouvelable et met en évidence l’urgence de programmes plus ambitieux pour garantir la stabilité énergétique du pays.
L’analyse historique révèle une détérioration continue de l’indépendance énergétique de la Tunisie :
1990 : 124 % – production supérieure à la consommation
2000 : 100 % – production équivalente à la consommation
2015 : 56 % – chute de moitié par rapport à 1990
2024 : 42 % – baisse continue
2026 : 27 % – recul inquiétant
« Il est impératif de revoir la stratégie énergétique adoptée en 2013 », avertit Nidhal Ouerfelli, appelant à dynamiser la transition énergétique et à adopter une vision stratégique renouvelée.
Pour l’expert, agir rapidement est crucial pour sécuriser l’avenir énergétique du pays. L’accélération de la transition vers les énergies renouvelables, l’amélioration de la gouvernance et la mise en place de programmes ambitieux constituent des leviers essentiels pour réduire la dépendance aux importations, alléger le déficit commercial et renforcer la compétitivité des entreprises tunisiennes.