

Filiale tunisienne du premier groupe bancaire du Moyen-Orient, QNB Tunisie publie des résultats annuels en amélioration notable pour l'exercice clos au 31 décembre 2025.
Le produit net bancaire consolidé progresse de 11,5 % à 78,5 millions de dinars et la perte nette se réduit de moitié à 30 MD contre 53,6 MD en 2024. Si le redressement opérationnel est réel, le bilan livre un tableau plus nuancé qui appelle à la prudence.
Le principal moteur de l'amélioration est la détente spectaculaire des provisions. Les dotations nettes aux créances douteuses tombent à 13,4 MD contre 40,9 MD l'exercice précédent, grâce notamment à une opération de radiation de 49 MD de créances contentieuses décidée en novembre 2025. Les revenus progressent sur tous les postes significatifs, avec des intérêts créditeurs en hausse de 10 % à 115,5 MD et des revenus du portefeuille d'investissement à 52,4 MD, adossés à 598,6 MD de bons du Trésor. La charge fiscale nette d'impôt différé atteint 12,6 MD, valorisée sur la base d'un plan d'affaires projeté jusqu'en 2030. Ces avancées restent cependant bridées par une structure de coûts qui résiste à la compression, les charges générales d'exploitation bondissant de 22 % à 26,5 MD et maintenant le coefficient d'exploitation au-dessus de 100 %.
C'est sur le bilan que les signaux d'alerte s'accumulent. La trésorerie nette bascule de +210,6 MD fin 2024 à 21,6 MD négatifs fin 2025, une contraction de 232 MD en un seul exercice. Pour y faire face, la banque a multiplié par plus de cinq ses emprunts auprès de la Banque centrale de Tunisie, portés à 222 MD. En parallèle, l'assemblée générale extraordinaire du 26 mars 2026 a entériné la réduction du capital social de 644 MD à 282,3 MD par absorption des pertes reportées accumulées à 361,7 MD. Les fonds propres consolidés s'établissent désormais à 295,3 MD sur un total bilan de 2 210 MD. Les commissaires aux comptes mentionnent par ailleurs le risque résiduel lié à la procédure du Conseil de la Concurrence relative aux reports d'échéances pendant la période COVID-19, dont l'issue reste indéterminée. Le retour à la rentabilité opérationnelle dès 2026 s'impose comme la condition sine qua non pour consolider ce redressement encore fragile.