

L’exercice 2025 de Cellcom se solde par un repli de son chiffre d’affaires annuel, passé de 62,5 millions de dinars (MD) en 2024 à 56,9 MD, soit une contraction de 9 %. Cette tendance baissière, bien que persistante, a montré des signes de ralentissement au dernier trimestre de l’année avec un revenu de 14,2 MD, limitant le recul à 4,5 % sur cette période spécifique.
Malgré cette érosion des volumes, l’entreprise est parvenue à préserver son taux de marque qui s'établit à 10,17 % contre 10,03 % l'année précédente. Cette résilience relative des marges s'accompagne d'un effort de compression des coûts opérationnels, illustré par une baisse de 9,6 % de la masse salariale annuelle, fixée à 1,88 MD, en dépit d'une augmentation de l'effectif moyen qui compte désormais 59 collaborateurs.
L'élément le plus marquant de cette publication réside dans la dégradation brutale d la structure financière de la société. La trésorerie nette, qui affichait un solde positif de 1,44 MDT à fin 2024, plonge lourdement pour s'établir à -7,80 MD au 31 décembre 2025. Ce déficit de plus de 9 millions de dinars en un an traduit les difficultés d'ajustement au nouveau paradigme monétaire tunisien. La direction de Cellcom impute directement cette situation à « l’adoption de nouveaux termes de paiement pour les clients historiques », une évolution imposée par la réforme du Code de commerce relative au régime des chèques. En mettant fin à l’usage de fait du chèque comme instrument de crédit ou de garantie antidaté, le nouveau cadre réglementaire a contraint l'entreprise à réorganiser ses cycles d'encaissement, pesant ainsi mécaniquement sur ses liquidités immédiates.
Dans ce contexte de transition forcée, l'enseigne tente de diversifier ses relais de croissance pour compenser l'atonie du segment des smartphones. Le distributeur mise désormais sur le déploiement de la marque Xinji, spécialisée dans les montres connectées et les accessoires audio, pour dynamiser son offre commerciale. Si l'entreprise évoque une « reprise opérationnelle effective malgré le contexte réglementaire lié aux paiements par chèque », le maintien des délais de règlement fournisseurs à 90 jours et l'importance de l'endettement à court terme indiquent que le rétablissement de l'équilibre financier dépendra de la capacité du groupe à transformer ces nouvelles orientations stratégiques en flux de trésorerie positifs dès 2026.