

La Banque Nationale Agricole (BNA) vient de clôturer l'exercice 2025 sur une performance commerciale solide, marquée par une progression à deux chiffres de sa rentabilité brute. Au 31 décembre 2025, l'établissement public a vu son Produit Net Bancaire (PNB) atteindre 1 084,8 millions de dinars, soit une hausse de 11,2 % par rapport à l'année précédente.
Cette dynamique s'appuie sur une croissance soutenue des produits d'exploitation bancaire qui s'élèvent à 2 492,7 millions de dinars (+8,9 %), permettant ainsi de compenser l'augmentation de 7,2 % des charges d'exploitation, portées principalement par les intérêts encourus sur les ressources de la banque.
L'analyse détaillée de la structure des revenus révèle un changement notable de paradigme dans les moteurs de croissance de la BNA. Alors que les revenus d'intérêts classiques affichent un léger repli de 0,6 % sur l'ensemble de l'année, le PNB a été vigoureusement soutenu par les revenus du portefeuille d'investissement, qui ont bondi de 40,5 % pour atteindre 702,5 millions de dinars. La banque explique cette mutation par un accroissement stratégique de son portefeuille de titres d'investissement, passé de 7,8 milliards à plus de 9,3 milliards de dinars en un an. Cette hausse de 19,8 % est explicitement attribuée à l'acquisition massive de Bons du Trésor Assimilables (BTA), soulignant le rôle prépondérant du financement de l'État dans la structure de revenus actuelle de l'institution.
Côté bilan, la banque maintient une trajectoire de croissance prudente de ses activités d'intermédiation. L'encours des crédits à la clientèle a progressé de 7,4 %, s'établissant à 14,45 milliards de dinars au terme de l'exercice. Parallèlement, la collecte de dépôts a fait preuve d'une vitalité supérieure avec une hausse de 9,8 %, soit une injection de 1,24 milliard de dinars de ressources nouvelles. Il est intéressant de noter que cette croissance des dépôts est largement portée par les dépôts à vue, qui explosent de 28,9 % (4,28 milliards de dinars), tandis que les dépôts d'épargne progressent de manière plus modérée (+9 %). Cette évolution de la structure des dépôts pourrait théoriquement favoriser le coût moyen des ressources, bien que les charges d'intérêts globales de la banque restent en augmentation.
La maîtrise des charges opératoires constitue l'autre point saillant de cette publication. Avec une hausse contenue à 2,8 %, pour un montant total de 398,7 millions de dinars, la BNA affiche un coefficient d'exploitation en amélioration. Les frais de personnel, composante majeure de ces charges, sont restés quasi stables (+0,5 %), contrastant avec la hausse de 9,1 % des charges générales d'exploitation. Enfin, il est important de préciser que les capitaux propres affichés (2 081 millions de dinars) ne tiennent pas encore compte du résultat net de l'exercice 2025, lequel reste soumis aux dotations aux provisions et à l'impôt sur les sociétés, éléments qui détermineront in fine la capacité de distribution de dividendes de la banque pour l'année écoulée.