
L’Institut national de la statistique (INS) a publié le 15 Février 2026 une note sur l’emploi relative au quatrième trimestre 2025. Les données font apparaître une légère amélioration du marché du travail, marquée par un recul modéré du taux de chômage. Une évolution positive, certes, mais qui ne dissipe pas les déséquilibres structurels persistants, notamment chez les jeunes et les femmes.
Au quatrième trimestre 2025, le taux de chômage s’établit à 15,2 %, contre 15,4 % au trimestre précédent. En valeur absolue, le nombre de chômeurs diminue pour atteindre environ 645 000 personnes, soit une baisse d’environ 8 500 individus sur un trimestre.
Cette amélioration intervient dans un contexte de légère progression de l’emploi. Le nombre total de personnes occupées atteint près de 3,61 millions, enregistrant un gain d’environ 4 200 emplois par rapport au troisième trimestre.
Cependant, cette évolution demeure modérée et s’inscrit davantage dans une dynamique de stabilisation que dans une véritable reprise vigoureuse du marché du travail.
Paradoxalement, le taux d’activité recule légèrement pour s’établir à 45,9 %, contre 46,1 % au trimestre précédent. Autrement dit, moins de la moitié de la population en âge de travailler participe activement au marché de l’emploi.
La population active se situe autour de 4,25 millions de personnes, en léger retrait sur un trimestre. Ce recul contribue mécaniquement à la baisse du taux de chômage, ce qui invite à relativiser l’ampleur de l’amélioration enregistrée.
La répartition sectorielle de l’emploi demeure largement dominée par le secteur des services, qui concentre plus de 53 % des emplois.
L’industrie manufacturière représente près de 19 % des emplois, tandis que l’agriculture et la pêche en absorbent environ 15 %. L’industrie non manufacturière complète le tableau avec une part avoisinant 13 %.
Cette configuration confirme le poids prépondérant des activités tertiaires dans la structure productive nationale, ainsi que la dépendance persistante à des secteurs à faible valeur ajoutée.
Le taux de chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans s’établit à 38,4 %, en baisse par rapport aux 40,1 % enregistrés au trimestre précédent.
Si la tendance est orientée à la baisse, le niveau reste particulièrement élevé. Les jeunes femmes demeurent les plus touchées, confirmant une vulnérabilité croisée liée à l’âge et au genre.
Les chiffres publiés par l’INS traduisent une amélioration conjoncturelle modérée du marché du travail en fin d’année 2025. Toutefois, la faiblesse du taux d’activité, la persistance d’un chômage élevé chez les jeunes et les femmes, ainsi que la structure sectorielle peu diversifiée de l’emploi soulignent la fragilité de cette dynamique.
Au-delà des variations trimestrielles, la question demeure celle de la capacité de l’économie tunisienne à générer des emplois durables, inclusifs et à plus forte valeur ajoutée.