
L’Instance Tunisienne de l’Investissement (TIA) vient de dévoiler son bulletin annuel pour l’exercice 2025, révélant une dynamique globale très positive. Le volume global des investissements déclarés a atteint 8 356,4 millions de dinars (MDT), enregistrant une progression de 39,3 % par rapport à l'année précédente.
Cette embellie financière s'accompagne d'une hausse de 5 % des intentions de création d'emplois, avec plus de 101 000 postes projetés. Cependant, derrière ces indicateurs de croissance à deux chiffres, le rapport met en lumière une mutation profonde de la structure économique du pays, marquée par l'émergence de nouveaux pôles de compétitivité.
C’est le constat majeur de ce bilan 2025 : la hiérarchie sectorielle traditionnelle est en pleine recomposition. Si l’industrie demeure un pilier avec 35 % des investissements, elle marque le pas avec un recul de 14,3 % des montants investis et une baisse significative des emplois prévus. À l'inverse, le secteur des services explose (+75 %) et s'impose désormais comme le premier pourvoyeur d'emplois en Tunisie (près de 60 000 postes), détrônant l'industrie manufacturière.
Parallèlement, la transition énergétique n'est plus un vœu pieux mais une réalité économique tangible. Le secteur des énergies renouvelables a capté 1 685,1 MDT (20 % du total), se classant au troisième rang national. Le tourisme n'est pas en reste, affichant une reprise vigoureuse (+238 %), portée notamment par un méga-projet à Jendouba.
La carte de l'investissement en 2025 révèle une décentralisation accrue des capitaux. Pour la première fois, les zones de développement régional (ZDR) ont attiré 54 % du volume total des investissements déclarés (4 541,2 MDT). Cette performance exceptionnelle est directement liée aux grands projets d’énergies renouvelables qui valorisent le potentiel solaire des régions intérieures.
Symbole de ce rééquilibrage, le gouvernorat de Sidi Bouzid se hisse à la première place du classement national avec plus d'un milliard de dinars d'investissements déclarés, devançant ainsi les pôles traditionnels comme Tunis, Gabès ou Nabeul.
La dynamique de 2025 repose en grande partie sur les Projets d’Intérêt National (PIN). Au nombre de 14 sur l'année, ces projets d'envergure totalisent 2 675,3 MDT, soit près d'un tiers (32 %) de l'investissement global du pays. Concentrés essentiellement dans les énergies renouvelables et l'industrie, ils confirment le retour de la confiance des grands investisseurs.
D'ailleurs, l'appétit pour le risque se confirme : 74 % des investissements concernent des opérations de création de nouveaux projets, contre seulement 23 % pour des extensions. Si les capitaux nationaux restent majoritaires (65 %), la participation étrangère se maintient à un niveau solide, générant des emplois à haute valeur ajoutée.