

Selon les derniers indicateurs de la Banque Centrale de Tunisie (BCT), le volume d'argent liquide en circulation poursuit sa course aux records pour s'établir à 27,5 milliards de dinars fin février 2026.
Ce chiffre confirme et amplifie la tendance historique déjà observée le mois dernier. En effet, fin janvier 2026, l'encours avait déjà franchi un palier inédit en dépassant pour la première fois la barre symbolique des 27 milliards de dinars.
En analysant le tableau de bord de l'institut d'émission, la progression annuelle est particulièrement marquée :
Février 2026 : 27 500 MDT
Février 2025 : 22 987 MDT
Variation annuelle : Une hausse massive de 4 513 MDT (une dynamique quasi-identique à l'augmentation annuelle constatée en janvier).
Sur le très court terme, la hausse se maintient avec une augmentation de 33 millions de dinars enregistrée entre le 22 et le 23 février.
Comment expliquer cette accélération nette de la circulation du cash dans l'économie tunisienne ? Si le poids du secteur informel est une cause structurelle connue, ce niveau record s'explique avant tout par un contexte législatif profondément modifié.
L'entrée en vigueur, en février 2025, de la réforme encadrant l'utilisation des chèques a changé la donne. Le durcissement du cadre légal et la crainte des sanctions ont entraîné une réduction drastique du recours au chèque. Par effet de vases communicants, les acteurs économiques et les particuliers se sont massivement reportés vers les paiements en espèces.
Cette préférence forcée pour le liquide contribue aujourd'hui directement à l'explosion de la monnaie fiduciaire en circulation. Une situation paradoxale qui complique la tâche de la Banque Centrale, l'obligeant à intervenir régulièrement sur le marché monétaire pour pallier le manque de liquidités au sein des banques tunisiennes, privées d'une partie de ces capitaux qui circulent hors de leurs circuits.