
Le Conseil d'Administration de la Banque Centrale de Tunisie a décidé, lors de sa réunion du 30 mars 2026, de maintenir son taux directeur inchangé à 7,00%. Cette décision intervient dans un contexte de reprise des tensions inflationnistes, aussi bien à l'échelle internationale que nationale.
Sur le plan mondial, la guerre au Moyen-Orient et la flambée des prix de l'énergie et des engrais qui en découle ont fortement perturbé les marchés en mars 2026, après plusieurs mois d'accalmie. La BCT avertit que la persistance de ces tensions géopolitiques constitue un facteur de risque majeur pour les perspectives d'inflation mondiale et pour l'orientation future des politiques monétaires des banques centrales.
En Tunisie, le processus désinflationniste a marqué une pause en février 2026. Le taux d'inflation a légèrement rebondi à 5,0% contre 4,8% le mois précédent, sous l'effet principalement du renchérissement des produits alimentaires frais, dont les prix ont progressé de 11,4% sur un an. L'inflation sous-jacente, qui exclut ces produits ainsi que ceux à prix administrés, a en revanche légèrement reculé à 4,8% contre 4,9% en janvier, signe d'une dynamique plus modérée sur le reste du panier. Les prix administrés, eux, restent très contenus à 0,8%, dans un contexte de gel maintenu sur les principaux produits concernés.
Du côté des équilibres extérieurs, la situation s'est nettement améliorée. Le déficit courant s'est réduit à 309 millions de dinars, soit 0,2% du PIB, à fin février 2026, contre 1 388 MDT (0,8% du PIB) un an auparavant. Le déficit commercial a lui aussi reculé de 733 MDT pour s'établir à environ 2,8 milliards de dinars. Les recettes touristiques et les transferts des Tunisiens résidant à l'étranger ont soutenu cette amélioration. Les avoirs nets en devises atteignent 25,1 milliards de dinars, soit l'équivalent de 106 jours d'importation au 26 mars 2026, contre 23 milliards (101 jours) un an plus tôt.
Face à ces pressions inflationnistes externes qui risquent de se propager à la chaîne des prix domestiques, le Conseil réaffirme sa vigilance et se dit prêt à ajuster ses instruments si nécessaire pour préserver le processus désinflationniste et maintenir l'inflation à des niveaux soutenables. Le statu quo à 7% traduit une posture d'attente prudente, sans assouplissement ni resserrement supplémentaire à ce stade.