

La Société Tunisienne Industrielle du Papier et du Carton (SOTIPAPIER) a clôturé l'exercice 2025 sur une note de prudence, affichant un chiffre d'affaires annuel global de 102,19 millions de dinars (MD), soit une contraction de 6% par rapport aux 108,57 MD enregistrés en 2024.
Ce repli est particulièrement marqué sur le quatrième trimestre de l'année, où les revenus ont baissé de 9% pour s'établir à 26,2 MD. Cette performance globale reflète une dualité opérationnelle entre le segment du papier Kraft, qui affiche une certaine résilience, et celui du Testliner & Fluting (papier pour ondulé), sévèrement impacté par une baisse des volumes vendus.
La direction de l'entreprise justifie ce ralentissement par une conjonction de facteurs endogènes et exogènes. En premier lieu, la production totale a reculé de 17% sur les trois derniers mois de l'année, une baisse principalement imputable au segment Testliner & Fluting dont la production a fondu de 36%. SOTIPAPIER explique ce repli par un contexte de demande sous pression, lié notamment au ralentissement structurel du marché du ciment en Tunisie, débouchant sur une moindre sollicitation de sacs en papier. À cela s’est ajouté un climat social tendu, marqué par une grève observée entre septembre et début octobre 2025, laquelle a directement limité les capacités de production et perturbé le calendrier des livraisons trimestrielles.
Malgré cette baisse de régime, le segment Kraft tire son épingle du jeu avec une progression de 23% de son chiffre d'affaires au quatrième trimestre, soutenu par une hausse de la production de 1 242 tonnes sur cette période. Toutefois, cette dynamique n'a pas suffi à compenser l’effondrement de 38% des revenus issus du papier pour ondulé. Sur le plan des coûts, l'industriel souligne la persistance de l'inflation des matières premières importées, une variable qui continue de peser sur les marges opérationnelles dans un environnement de marché déjà volatil.
Sur le volet des investissements, SOTIPAPIER a levé le pied en 2025 avec une enveloppe globale de 8,03 MD, soit une baisse significative de 46% par rapport aux 14,73 MD investis l'année précédente. Cette réduction des flux d'investissement semble s'accompagner d'une stratégie de restructuration du bilan. En effet, l'un des points saillants de cette publication réside dans l'amélioration de la structure financière de la société. La dette nette a été ramenée à 44,26 MD au 31 décembre 2025, contre 48,73 MD un an plus tôt, représentant une réduction de 4,46 MD. Ce désendettement s'explique principalement par une baisse sensible de l'encours des crédits à moyen terme et des crédits de gestion, bien que la trésorerie ait enregistré un solde négatif de 869 392 DT à la clôture de l'exercice.