

Le taux d’inflation en Tunisie se stabilise à 5 % au mois de mars 2026, confirmant le niveau atteint en février. Ce chiffre fait suite à une légère progression enregistrée le mois précédent, le taux s'établissant à 4,9 % en janvier 2026.
Cette dynamique témoigne d'une pression persistante sur les prix, portée principalement par le secteur alimentaire et les services.
L’évolution du taux d’inflation sur un an, qui atteint les 5%, s’explique principalement par une accélération du rythme de progression des prix au sein de plusieurs groupes de consommation :
Produits alimentaires : Ce groupe enregistre une hausse de 6,8% sur un an. Cette tendance est tirée par la flambée des prix des fruits frais (+17,1%), de la volaille (+16,7%), de la viande d’agneau (+14,3%) et du poisson frais (+12,3%). À l’inverse, les huiles alimentaires affichent une baisse de 7,3%.
Services : Les services de restauration, cafés et hôtels ont vu leurs prix progresser de 6,2% sur un an, tandis que le secteur des services d’hébergement enregistre une hausse notable de 14,7%. Le segment des transports affiche également une accélération : son taux d’inflation en glissement annuel s’établit à 2,8% en mars 2026, contre 2,1% en février 2026.
Si certains secteurs tirent l'indice vers le haut, d'autres éléments viennent tempérer cette tendance :
L’habillement et les chaussures : Le rythme de progression des prix pour ce groupe a ralenti, s’établissant à 7,5% en mars 2026, contre 8,9% au mois précédent.
Inflation sous-jacente : Hors produits alimentaires et énergie, l'inflation sous-jacente reste stable à 4,6%, témoignant d'une certaine résilience dans les autres segments de la consommation.
Produits encadrés vs libres : La distinction entre les régimes de prix est marquée : les produits libres (non encadrés) ont augmenté de 6,1% sur un an, alors que les produits encadrés affichent une hausse beaucoup plus modérée de 1,2%.
Sur une base mensuelle (février à mars 2026), l’indice des prix à la consommation a progressé de 1%. Cette augmentation de court terme est largement imputable au groupe « Alimentation » (+2%) et à l’anticipation des préparatifs de l’Aïd al-Fitr, qui a entraîné une hausse de 1,5% des prix des produits d’habillement.
Selon les données de l’INS, les secteurs des « Produits manufacturés » et des « Services » demeurent les plus gros contributeurs à l'inflation globale, avec des taux respectifs de 1,6% et 1,4%. En termes de régime de prix, ce sont les produits « Non alimentaires libres » et « Alimentaires libres » qui pèsent le plus lourdement sur l'inflation globale, avec des contributions respectives de 2,8% et 2%.
Cette analyse des indicateurs montre une persistance des pressions inflationnistes sur les produits de première nécessité, bien que les mesures de régulation des prix sur certains segments limitent partiellement la propagation de ces hausses aux produits encadrés.