

L'enveloppe globale des dividendes distribués par les sociétés cotées a atteint 1,58 milliard de dinars au titre de l'exercice 2024, soit une progression de 13,4 % par rapport à l'année précédente.
Cette performance d'ensemble masque toutefois une forte disparité puisque la majorité des flux financiers reste concentrée sur une poignée de grandes capitalisations. Les données du dernier rapport de la Bourse de Tunis confirment que le marché demeure structurellement dominé par cinq valeurs historiques.
Les statistiques du dernier rapport de la Bourse de Tunis illustrent cette domination sans partage. Sur les 74 sociétés cotées durant l'exercice, cinq entités ont accaparé 879 millions de dinars. Cette somme représente à elle seule 56 % de l'enveloppe totale distribuée sur la place.
Ce quintette de tête, invariablement composé de la BIAT, la SFBT, Attijari Bank, Amen Bank et la BT, fait preuve d'une stabilité déconcertante sur les trois derniers exercices. Plus impressionnant encore, leur puissance de feu financière s'accroît puisque le montant cumulé de leurs dividendes a bondi de 29 % en deux ans pour frôler les 880 millions de dinars en 2024.
Le message apparaît limpide pour l’investisseur puisque la profondeur du rendement se concentre au sommet de la pyramide. Les autres entreprises de la cote se partagent les 44 % restants et peinent à rivaliser avec ces géants en matière de volume.
Une telle concentration met en lumière la dépendance quasi totale de la Bourse de Tunis envers son industrie financière, car quatre des cinq champions du rendement sont des établissements bancaires.
La BIAT confirme son statut de locomotive absolue en distribuant 15 % des flux globaux, talonnée par Attijari Bank et sa part de 13 %, suivies par Amen Bank (7 %) et la BT (6 %).
Seule exception industrielle, la SFBT sauve l'honneur de l'économie réelle. Avec 14 % des volumes, le géant des boissons conserve sa deuxième place sur le podium et incarne la difficulté pour les autres secteurs de production à atteindre une taille critique suffisante pour exister face aux mastodontes financiers.
Cette structure de marché soulève un enjeu majeur de diversification pour les portefeuilles boursiers. La performance globale du rendement de la Place, qui s'affiche à 6,1 % pour 2024, reste tributaire de la santé financière de ce noyau dur.
La stabilité de la rémunération du marché tunisien repose par conséquent sur la capacité bénéficiaire de ses banques et de son unique géant agroalimentaire. Cette configuration concentre mécaniquement les risques sur un nombre restreint d'émetteurs et rend l'indice global particulièrement sensible aux résultats de ces cinq acteurs.