

L'exercice 2025 d'Amen Bank se solde par une extension notable de son périmètre d'activité, matérialisée par un Produit Net Bancaire (PNB) de 590,7 millions de dinars en progression annuelle de 4,27 %, mais surtout par une collecte record hissant l'encours des dépôts à 8,721 milliards de dinars, soit une hausse significative de 8,8 %. Cette dynamique de volume, couplée à une distribution de crédits plus mesurée de 7,534 milliards de dinars (+3,22 %), dessine les contours d'un bilan riche en liquidités mais confronté à des défis d'efficience opérationnelle, comme en témoigne la hausse des charges d'exploitation qui pèsent désormais davantage sur la rentabilité brute de l'établissement.
L'analyse de la formation du résultat met en exergue une progression des charges d’exploitation plus rapide que la génération de revenus. Si la banque a su maintenir ses marges d'intermédiation, elle a dû faire face à une augmentation de 7,1 % de ses charges opératoires, qui atteignent 242,7 millions de dinars. Cette inflation des frais généraux et de personnel a mécaniquement détérioré le coefficient d'exploitation. Ce ratio, véritable indicateur de la productivité bancaire, s'est tendu de 109 points de base pour s'établir à 41,09 %. Concrètement, la banque consomme aujourd'hui une part plus importante de ses revenus pour financer son fonctionnement qu'il y a un an.
Sur le plan de l'allocation des ressources, la banque a opéré un arbitrage clair en faveur des titres souverains et des placements financiers face à une demande de crédit moins dynamique que la collecte. L'écart de croissance entre les ressources captées (+705 millions de dinars) et les prêts distribués (+235 millions de dinars) a généré un excédent de trésorerie structurel. Pour rentabiliser ce surplus, Amen Bank a massivement renforcé son portefeuille d'investissement, qui a bondi de plus de 441 millions de dinars en un an. Cette stratégie de "parking" de la liquidité permet de sécuriser des revenus récurrents via les bons du Trésor, compensant ainsi la frilosité relative du marché du crédit aux entreprises et aux particuliers.
Enfin, la structure du passif s'est diversifiée au-delà des dépôts classiques, avec des ressources longues atteignant près de 710 millions de dinars. L'apport récent de 10 millions d'euros par la BERD s'inscrit dans cette logique de consolidation des fonds stables. Toutefois, pour l'exercice à venir, le principal défi de la direction sera de transformer plus efficacement cette abondante liquidité en crédits à l'économie réelle, seule voie pour redresser le coefficient d'exploitation et diluer des coûts fixes en hausse.