
L’Union européenne et la République de l’Inde ont conclu, le 27 janvier 2026, un accord de libre-échange majeur, marquant l’un des tournants les plus significatifs dans les relations commerciales bilatérales entre Bruxelles et New Delhi.
Cet accord, qualifié par certains dirigeants comme la « mère de tous les accords », a été annoncé à l’issue du 16ᵉ sommet UE-Inde et peut transformer en profondeur les échanges économiques entre les deux partenaires.
Les négociations entre l’Inde et l’UE ont commencé en 2007 et se sont intensifiées ces dernières années, aboutissant à un texte final après près de 20 ans de discussions et d’ajustements. L’accord a été rendu public lors d’une conférence conjointe à New Delhi, en présence de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, du président du Conseil européen António Costa, et du Premier ministre indien Narendra Modi.
Selon le communiqué officiel du gouvernement indien, ce partenariat est « un jalon historique dans l’engagement commercial global de l’Inde » et vise à renforcer l’intégration des deux économies, qui représentent ensemble environ un quart du PIB mondial et un marché de près de 2 milliards de personnes.
L’accord prévoit notamment :
La réduction ou la suppression des droits de douane sur une très large majorité des produits échangés entre l’UE et l’Inde, avec plus de 96 % des biens européens exportés vers l’Inde concernés et plus de 99 % des exportations indiennes vers l’UE bénéficiant d’un accès préférentiel.
Une ouverture accrue des marchés des services, incluant les technologies, les services financiers et les transports.
Des mesures sur les règles d’origine, facilitant l’attribution du traitement préférentiel pour les entreprises.
Le texte prévoit en outre des dispositions en matière de coopération règlementaire, de facilitation des échanges et de respect des normes environnementales et sociales, bien que certains secteurs sensibles — comme certains produits agricoles — restent partiellement protégés par des clauses spécifiques.
Les responsables européens estiment que cet accord pourrait doubler les exportations de l’UE vers l’Inde d’ici 2032, tout en générant des économies substantielles sur les droits de douane pour les entreprises.
Pour l’Inde, l’ouverture de l’accès à l’un des marchés les plus importants du monde devrait stimuler les exportations de secteurs clés, notamment le textile, les biens d’ingénierie, les produits marins et l’artisanat.
Au-delà de son impact économique, le traité s’inscrit dans une dynamique stratégique plus large. Dans un contexte de tensions commerciales internationales et de reconfiguration des alliances économiques, tant l’UE que l’Inde cherchent à diversifier leurs partenariats et à renforcer leur autonomie commerciale.
Ursula von der Leyen a salué l’accord comme un « nouveau chapitre dans les relations UE-Inde », tout en soulignant sa portée géopolitique. Narendra Modi a pour sa part décrit le partenariat comme une base solide pour « une coopération économique durable, mutuellement bénéfique et tournée vers l’avenir ».
L’accord doit encore être ratifié par les parlements des États membres de l’UE, le Parlement européen et le gouvernement indien avant d’entrer en vigueur, ce qui est prévu au cours de l’année 2027.