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Jeudi noir sur les bourses mondiales suite aux tarifs douaniers américains

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avr. 3, 2025, 9:50 PM

Les marchés mondiaux ont chuté jeudi 3 avril 2025, suite à la mise en œuvre de nouvelles taxes douanières annoncées par le président Donald Trump. Ces tarifs douaniers américains, qui entreront en vigueur le 5 avril, ont provoqué des ondes de choc sur les marchés financiers du monde entier.

Chiffres alarmants : Une vague rouge déferle sur les indices mondiaux

La tempête a balayé les places boursières des deux côtés de l'Atlantique. À Wall Street, le Nasdaq a dévissé de 5,97%, tandis que le S&P 500 s'enfonçait de 4,84% et que le Dow Jones cédait de 3;98%. En Europe, aucun indice n'a été épargné : l'Euro Stoxx 50 a abandonné 3,57%, le CAC 40 parisien a reculé de 3,31%, Frankfurt a perdu 3,01% et Londres, relativement préservée, a tout de même cédé 1,55%. Cette synchronisation des baisses témoigne d'une anxiété généralisée face aux mesures protectionnistes américaines.

Les valeurs individuelles : Le spectre du protectionnisme fait des victimes

Le couperet est tombé avec une violence particulière sur les entreprises américaines fortement exposées au commerce international. Boeing, dont l'activité dépend largement des exportations, s'est effondré de 10,47%, enregistrant sa pire séance depuis la crise sanitaire. Les industriels ont souffert, à l'image de Caterpillar qui a plongé de 8,64%. Dans le secteur technologique, Apple et Amazon ont respectivement perdu 9,25% et 8,98%, avec des volumes d'échanges exceptionnels dépassant les 100 millions de titres pour la firme à la pomme. Le secteur financier n'a pas été épargné, Goldman Sachs chutant de 9,21%.

Fait notable, quelques valeurs défensives ont réussi à tirer leur épingle du jeu dans ce marasme généralisé. Coca-Cola a ainsi gagné 2,58%, tandis que McDonald's progressait de 2,15%, confirmant leur statut de valeurs refuges en période d'incertitude économique. Cette dichotomie entre secteurs illustre la recomposition des portefeuilles des investisseurs en faveur des entreprises moins sensibles aux tensions commerciales.

Réactions internationales : Les puissances commerciales en alerte

Face à cette nouvelle donne commerciale, les gouvernements du monde entier ont rapidement réagi. Le gouvernement italien a appelé à la coopération, soulignant la nécessité de "travailler ensemble pour éviter une guerre commerciale" préjudiciable aux économies des deux côtés de l'Atlantique. La cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, a qualifié les nouveaux droits de douane de 20% imposés à l'Union européenne de "mauvais", affirmant qu'ils ne profitaient à aucune des parties.

Le gouvernement brésilien, de son côté, étudie "toutes les réponses possibles pour faire face aux nouvelles taxes douanières américaines", laissant entrevoir une potentielle riposte ciblée pour défendre ses intérêts commerciaux. L'approche brésilienne semble privilégier l'élaboration d'une stratégie de défense structurée plutôt qu'une réaction précipitée.

La Corée du Sud adopte une position plus conciliante, annonçant son intention de "planifier des négociations avec l'Amérique pour réduire l'impact des droits de douane". Cette approche diplomatique reflète la dépendance économique et sécuritaire du pays envers Washington, privilégiant le dialogue à la confrontation.

L'Allemagne, puissance exportatrice particulièrement vulnérable, a pris une position ferme en déclarant que "les coûts d'une guerre commerciale initiée unilatéralement sont exorbitants". Cette déclaration témoigne des inquiétudes de Berlin quant à l'impact des mesures américaines sur son industrie automobile et manufacturière, piliers de son économie.

En Europe, Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a prédit des conséquences "désastreuses pour des millions de personnes", soulignant que "les produits alimentaires, les transports et les médicaments coûteront plus cher et ce sont surtout les citoyens les plus vulnérables qui en pâtiront".

La réaction la plus vive est venue de Pékin, le ministère chinois du commerce déclarant que la Chine "prendrait résolument des contre-mesures pour sauvegarder ses propres droits et intérêts", laissant présager une nouvelle escalade dans les tensions commerciales sino-américaines.

La nouvelle structure tarifaire

L'offensive protectionniste de la Maison-Blanche, sans équivalent depuis les années 1930, impose un droit de douane généralisé d'au moins 10% sur toutes les importations. Des majorations supplémentaires sont prévues à partir du 9 avril pour les pays jugés particulièrement hostiles en matière commerciale.

Selon le Bureau du représentant américain au Commerce, les taux de droits de douane pour différents pays semblent être calculés en fonction de leur déficit commercial avec les États-Unis, bien que les responsables de l'administration Trump aient fait des déclarations contradictoires à ce sujet.

Krugman dénonce un système commercial mondial "brûlé”

L'économiste lauréat du prix Nobel Paul Krugman a vivement critiqué cette décision, déclarant que "Trump a tout détruit" en référence au système commercial international que l'Amérique elle-même avait créé. Selon Krugman, cela représente un choc économique bien plus important que le tristement célèbre tarif Smoot-Hawley de 1930, d'autant plus que le commerce international représente aujourd'hui environ trois fois l'importance économique qu'il avait à l'époque.

Krugman a également exprimé des inquiétudes concernant le processus d'élaboration des politiques, notant que "la stupidité maligne de toute cette affaire" compromet la planification des entreprises et la coopération internationale. Il a souligné que la crédibilité est cruciale pour une élaboration efficace des politiques.

Optimisme présidentiel contre réalité du marché : Des perspectives divergentes

Malgré les fortes baisses, le président Trump a qualifié la réaction du marché de "très bonne" et a suggéré que les marchés sont "sur le point de se redresser". Cependant, les analystes restent préoccupés par d'éventuelles mesures de représailles de la part des partenaires commerciaux et par l'impact sur les chaînes d'approvisionnement mondiales.

Avec des augmentations tarifaires supplémentaires prévues pour la semaine prochaine, la volatilité des marchés devrait se poursuivre alors que les investisseurs évaluent les implications complètes de ce que de nombreux économistes qualifient de perturbation la plus significative du commerce mondial depuis près d'un siècle.

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