

Le marché mondial de l'énergie est en pleine ébullition. Alimenté par l'escalade militaire en Iran et le blocage soudain des routes maritimes stratégiques, le prix du pétrole brut vient de connaître une hausse fulgurante, poussant les marchés et les analystes à revoir d'urgence leurs prévisions.
Le cours du Brent, référence mondiale du brut, a bondi de plus de 6 % pour s'établir aux alentours de 78 dollars le baril. Plus tôt sur les marchés, il avait même enregistré une envolée vertigineuse de 13 %, grimpant à son plus haut niveau depuis janvier 2025.
Cette flambée s'explique par une situation de crise au large des côtes iraniennes. Le trafic des navires pétroliers et méthaniers à travers le détroit d'Ormuz est aujourd'hui largement à l'arrêt. Face à l'intensification du conflit, les armateurs et les négociants ont préféré s'imposer une suspension temporaire des traversées. Ce goulot d'étranglement est pourtant vital pour l'économie mondiale : il voit transiter à lui seul un cinquième du pétrole consommé sur la planète, ainsi que des volumes massifs de gaz naturel.
En réponse directe à l'élargissement du conflit, l'alliance OPEP+ a agi lors d'une réunion programmée ce week-end. Le cartel a convenu d'augmenter ses quotas de production de 206 000 barils par jour à partir du mois prochain. Il est à noter que l'alliance — qui compte parmi ses membres l'Iran, l'Arabie saoudite et la Russie — prévoyait déjà d'amorcer de légères augmentations de sa production avant que les hostilités n'éclatent ce samedi.
Face à ce risque géopolitique majeur, les grandes institutions financières ont immédiatement ajusté leurs projections.
Dans une note publiée lundi avant l'ouverture des marchés, les analystes de Citigroupont prévenu : « Nous voyons le baril de Brent se négocier dans une fourchette de 80 à 90 dollars dans notre scénario de base, au moins pour la semaine à venir. »
De son côté, la banque Morgan Stanley a radicalement revu à la hausse ses prévisions pour le deuxième trimestre, anticipant désormais un baril à 80 dollars, contre une précédente estimation de 62,50 dollars.
L'onde de choc s'explique avant tout par la géographie. Si l'Iran pompe environ 3,3 millions de barils par jour (soit 3 % de la production mondiale), le pays jouit d'une influence démesurée sur les approvisionnements mondiaux grâce à sa position bordant le détroit d'Ormuz. Le passage par ce couloir maritime est indispensable pour acheminer le pétrole du Golfe Persique vers les marchés clés comme la Chine, l'Inde et le Japon.
Sur le plan diplomatique et militaire, la situation pourrait s'inscrire dans la durée. Lors d'un récent entretien accordé au New York Times, Donald Trump a affirmé que les États-Unis prévoient de poursuivre leur offensive en Iran pendant « quatre à cinq semaines ». Il a toutefois laissé une porte ouverte, se disant prêt à lever les sanctions si la nouvelle direction iranienne démontre qu'elle peut être un partenaire pragmatique.