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Attijari bank : PNB en hausse de 3,6 %, porté par les titres
Attijari bank affiche un PNB de 551,7 MD à fin septembre 2026 (+3,6%). Les revenus des titres compensent le recul des crédits. Notre analyse.

Attijari bank a publié ses indicateurs d’activité au 30 septembre 2026. Son produit net bancaire progresse de 3,6% pour atteindre 551,7 MD. Ce chiffre cache pourtant un changement de cap net. La banque prête moins à ses clients et place davantage ses liquidités en bons du Trésor émis par l’État.
Le crédit recule, la marge d’intérêts aussi
Le PNB mesure ce que la banque gagne réellement sur son activité. Sur neuf mois, il s’établit à 551,7 MD contre 532,6 MD un an plus tôt. La progression reste positive mais mesurée. Le troisième trimestre pris seul montre un essoufflement, avec un PNB de 177,0 MD contre 176,2 MD au même trimestre de 2025, soit une quasi-stagnation (+0,5%).
Les encours de crédits à la clientèle baissent de 5,0% sur un an, à 6 569,3 MD. Par rapport à fin décembre 2025, le recul approche 8%, soit environ 567 MD de crédits en moins en neuf mois.
Cette contraction se lit directement dans les revenus. Les intérêts perçus par la banque diminuent de 8,1% à 520,5 MD, tandis que les intérêts qu’elle verse sur ses ressources augmentent de 2,6% à 339,3 MD. La marge d’intérêts, c’est-à-dire l’écart entre les deux, passe ainsi de 236,0 MD à 181,2 MD, en repli de 23%. C’est le principal point de vigilance de cette publication.
Les BTA de l’État prennent le relais
Ce qui soutient le PNB, c’est le portefeuille d’investissement, composé essentiellement de bons du Trésor assimilables (BTA) émis par l’État tunisien. Son encours bondit de 38,5% à 3 535,7 MD, soit près de 983 MD de plus en un an. Les revenus qu’il génère s’envolent de 54,1% à 214,1 MD.
En ajoutant les gains sur le portefeuille commercial, stables à 56,3 MD, les revenus liés aux titres représentent désormais près de la moitié du PNB (49%), contre environ 37% un an plus tôt. En clair, Attijari bank finance de plus en plus l’État et de moins en moins l’économie. Ce choix a toutefois son revers. Il concentre une part croissante des revenus sur un seul emprunteur, l’État, et rend les résultats dépendants des conditions de rémunération des BTA. Les commissions, qui rémunèrent les services bancaires, restent stables à 116,7 MD (-0,1%). Elles n’apportent donc pas de croissance supplémentaire cette année.
Une collecte de dépôts solide et peu coûteuse
Côté ressources, la dynamique est très bonne. Les dépôts de la clientèle progressent de 9,4% à 12 378,7 MD, soit plus de 1 060 MD collectés en un an. Les dépôts à vue augmentent de 9,2% à 5 940,7 MD et l’épargne de 7,9% à 4 168,4 MD.
Les dépôts à vue représentent à eux seuls 48% du total. Ces ressources sont peu ou pas rémunérées, ce qui explique que les charges d’intérêts n’augmentent que de 2,6% alors que les dépôts progressent trois fois plus vite.
Conséquence de ces évolutions opposées, le rapport entre crédits et dépôts tombe de 61% à 53% en un an. Une partie importante des nouveaux dépôts collectés finit ainsi en BTA plutôt qu’en crédits.
Des charges bien maîtrisées
Les charges opératoires augmentent de 2,1% à 288,5 MD, moins vite que le PNB. Les frais de personnel sont quasi stables (+0,5% à 202,3 MD), tandis que les charges générales d’exploitation progressent de 5,4% à 70,3 MD.
Le coefficient d’exploitation, qui indique la part du PNB absorbée par les frais de fonctionnement, s’améliore légèrement de 53,1% à 52,3%. Le résultat brut d’exploitation, estimé à environ 275 MD avant provisions et impôts, progresse d’environ 5%.
Les capitaux propres, hors résultat de la période, atteignent 920,1 MD, en hausse de 2,5%.
Un appui de la BERD pour relancer le financement des entreprises
Parmi les faits marquants du trimestre, la BERD a porté sa facilité de partage des risques avec Attijari bank de 20 à 70 millions d’euros, complétée par une enveloppe de 10 millions de dollars dédiée aux projets à impact environnemental et social. Ce type de garantie peut aider la banque à reprendre le chemin du crédit aux entreprises en partageant une partie du risque.


