La Société Moderne de Céramique (SOMOCER) fait face à des vents contraires au deuxième trimestre 2024, comme en témoignent ses derniers indicateurs d'activité. Le chiffre d'affaires du deuxième trimestre s'est établi à 13,766 millions de dinars, accusant une baisse significative de 36,27% par rapport à la même période en 2023. Cette tendance baissière se confirme également sur l'ensemble du premier semestre, avec un chiffre d'affaires cumulé de 30,198 millions de dinars, en recul de 35% par rapport aux six premiers mois de 2023.
La direction de SOMOCER attribue cette contre-performance à plusieurs facteurs. Selon les responsables de l'entreprise, la perturbation majeure causée par le gel des comptes de la société a considérablement entravé ses opérations. Il est important de signaler qu'au mois de mai, le tribunal de Monastir a désigné un mandataire judiciaire à la tête de la société, une mesure qui a sans doute accentué les difficultés opérationnelles et financières de l'entreprise. La direction pointe également la conjoncture économique difficile en Tunisie, qui a entraîné une baisse significative de la demande pour les produits de SOMOCER. Les responsables de l'entreprise soulignent les effets néfastes du marché parallèle, caractérisé par une importation illégale de produits de qualité inférieure, notamment en provenance d'Inde, vendus à des prix extrêmement bas. Cette concurrence déloyale, selon la direction, érode la part de marché de SOMOCER et exerce une pression à la baisse sur ses prix et ses marges.
L'analyse des performances trimestrielles révèle une situation préoccupante. La production a chuté de manière alarmante, affichant une baisse de 49,80% par rapport au deuxième trimestre 2023. Cette contraction de l'activité productive se reflète dans les chiffres semestriels, où la baisse atteint 53,58% par rapport au premier semestre de l'année précédente.
Le marché local, traditionnellement le pilier des revenus de SOMOCER, a particulièrement souffert. Au deuxième trimestre, les ventes domestiques ont reculé de 36,18%, s'établissant à 12,485 millions de dinars. Sur l'ensemble du semestre, la baisse s'accentue pour atteindre 39,46%, avec un chiffre d'affaires local de 25,887 millions de dinars contre 42,763 millions pour la même période en 2023.
Cependant, une note positive émerge du côté des exportations. Bien que les ventes à l'export aient diminué de 37,13% au deuxième trimestre, atteignant 1,281 millions de dinars, les résultats semestriels affichent une croissance encourageante de 16,35%, s'établissant à 4,312 millions de dinars contre 3,705 millions pour le premier semestre 2023. La direction de SOMOCER voit dans cette performance à l'international une voie potentielle de diversification et de résilience face aux défis du marché local.
Les investissements de l'entreprise ont également subi un coup de frein, avec une baisse de 61,10% au deuxième trimestre par rapport à la même période en 2023.
Un point d'attention particulier concerne l'évolution de la structure financière de SOMOCER. Les engagements bancaires totaux ont augmenté de 17,41% par rapport à juin 2023, atteignant 78,991 millions de dinars. Cette hausse est principalement due à une augmentation significative des dettes à court terme, qui ont bondi de 48,05%. En revanche, les dettes à moyen et long terme ont diminué de 23,21%. Cette répartition déséquilibrée de la dette, avec une forte augmentation des engagements à court terme et une diminution des dettes à plus long terme, indique que la société rencontre des difficultés à contracter des crédits à moyen et long terme. Cette situation reflète une réticence des institutions financières à s'engager sur des périodes plus longues avec SOMOCER.
SOMOCER fait face à des défis majeurs, exacerbés par le gel de ses comptes et un environnement économique hostile. La direction de l'entreprise semble confrontée à une confluence de facteurs négatifs, tant internes qu'externes. La gestion de ces multiples défis et la capacité de l'entreprise à surmonter cette période turbulente seront cruciales pour son avenir à court et moyen terme.