
Dès le 1er janvier 2026, l'État tunisien active un nouveau levier pour l'emploi : une prise en charge dégressive des cotisations patronales CNSS. Ce dispositif, qui débute par une exonération totale (100%) pour s'ajuster progressivement sur cinq ans, concerne tout nouveau recrutement de jeunes diplômés de l'enseignement supérieur. Une mesure phare de la Loi de Finances 2026 destinée à dynamiser immédiatement l'embauche dans le secteur privé.
L'article 13 de la Loi de Finances 2026, adopté par l'Assemblée des Représentants du Peuple, instaure un dispositif destiné à encourager l'embauche des diplômés de l'enseignement supérieur dans le secteur privé. Prévue pour entrer en vigueur ce 1er janvier, cette mesure permettra aux entreprises de bénéficier d'un allègement immédiat de leurs charges sociales, rendant ainsi le recrutement de jeunes qualifiés beaucoup plus attractif.
Concrètement, l'État s'engage à payer la contribution patronale au régime légal de sécurité sociale (CNSS) pour les salaires versés aux nouvelles recrues, selon un barème dégressif qui s'étalera comme suit :
1ʳᵉ année : 100 % pris en charge
2ᵉ année : 80 %
3ᵉ année : 60 %
4ᵉ année : 40 %
5ᵉ année : 20 %
Ce mécanisme vise à réduire le coût du travail pour les employeurs tout en garantissant la pérennité des recrutements grâce à une diminution progressive du soutien financier.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie nationale de réduction du chômage des diplômés, qui représentent une part importante des demandeurs d’emploi en Tunisie. Elle a pour objectifs de faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés, de stimuler la création de nouveaux postes et d' alléger les charges sociales pour les entreprises privées qui s’engagent dans ces recrutements.
Lors de l'examen en commission, un débat a porté sur l'opportunité d'élargir la mesure aux diplômés de la formation professionnelle. La ministre des Finances a expliqué que ces derniers bénéficient déjà de dispositifs spécifiques et affichent un taux d'insertion supérieur à 50 % dans plusieurs disciplines.
L'article 13 a finalement été adopté en séance plénière avec 89 voix pour, 11 abstentions et 16 contre, confirmant le soutien du parlement à cette politique active en faveur de l'emploi.
Les crédits nécessaires à la prise en charge des cotisations patronales sont inscrits au budget du ministère des Affaires sociales. Selon la ministre des Finances, le caractère dégressif de la mesure permet de garantir sa durabilité sur cinq ans, tout en soutenant la compétitivité des entreprises et l’insertion durable des jeunes diplômés sur le marché du travail tunisien.