PME tunisiennes et crédit : Un accès plus difficile, des contraintes plus fortes

Actualités économiques Tunisie
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refka tbini janv. 2, 2026, 12:41 PM

Les PME tunisiennes font face à des contraintes de crédit plus importantes que les grandes entreprises, avec 9,85% confrontées à des contraintes totales contre 8,7% pour les grandes structures. Le Rapport National sur l'Entreprise 2025 de l'IACE révèle un paradoxe : malgré des délais de réponse plus rapides, les PME peinent davantage à accéder au financement bancaire.

Des contraintes de crédit plus marquées pour les PME

L'analyse comparative du tissu économique tunisien révèle que les PME subissent des contraintes de crédit légèrement supérieures aux grandes entreprises.

Les chiffres sont révélateurs :

  • 9,85% des PME déclarent des contraintes de crédit totales, contre 8,7% pour les grandes entreprises

  • 35,65% des PME font face à des contraintes partielles, contre 28,9% pour les grandes entreprises

Cette différence, bien que modérée, souligne une vulnérabilité structurelle des petites et moyennes structures face au système bancaire tunisien.

Un accès bancaire légèrement inférieur

En matière d'accès aux prêts bancaires, les grandes entreprises bénéficient d'un léger avantage : 47,4% disposent d'un prêt bancaire ou d'une ligne de crédit, contre 43,75% pour les PME.

Cet écart de près de 4 points traduit une préférence bancaire pour les structures de grande taille, perçues comme moins risquées et disposant de garanties plus solides.

Le paradoxe des délais : rapidité sans facilité

 Le rapport révèle un constat surprenant, les PME reçoivent leurs décisions de prêt plus rapidement que les grandes entreprises, avec un délai moyen de 5,45 jours contre 11,4 jours pour les grandes structures. 

Cette rapidité apparente masque cependant une réalité moins favorable : le taux de refus des demandes de prêt est similaire pour les deux catégories, tournant autour de 38%. Les PME obtiennent donc des réponses plus rapides, mais pas nécessairement plus positives.

Stratégies d’investissement différenciées

Recours aux banques

Une proportion similaire de PME (46,45%) et de grandes entreprises (45,6%) utilise les banques pour financer leurs investissements. Cette quasi-parité suggère que les PME cherchent activement le financement bancaire pour leurs projets de développement.

Dépendance aux financements internes

Les PME dépendent moins des financements internes pour leurs investissements : 43,3% contre 49,3% pour les grandes entreprises. Ce paradoxe révèle une capacité d'autofinancement plus limitée chez les PME, qui doivent davantage solliciter les sources externes.

Fonds de roulement : les PME plus dépendantes des banques

Pour le financement du fonds de roulement, le recours aux banques est très proche entre les deux catégories, avec 14,6 % pour les PME et 14,3 % pour les grandes entreprises. 

La différence majeure réside dans l’intensité de ce recours, les PME finançant 48,15 % de leur fonds de roulement via les banques contre 40,2 % pour les grandes entreprises. Cette dépendance accrue traduit des besoins de trésorerie plus pressants et une moindre capacité à générer des liquidités internes.

Fragilité financière et nécessité d'accompagnement

Le Rapport National sur l'Entreprise 2025 révèle que les PME tunisiennes naviguent dans un environnement financier plus contraint que les grandes entreprises. Si elles obtiennent des réponses bancaires plus rapides, elles font face à des contraintes de crédit supérieures et dépendent davantage du financement externe pour leur exploitation courante.

 Cette fragilité financière souligne la nécessité de mécanismes de soutien adaptés, tels que les garanties publiques, les lignes de crédit dédiées et les dispositifs facilitant l'accès au financement bancaire pour les PME, véritables moteurs de l'économie tunisienne avec 12,23 % des entreprises employeuses et 38,3 % de l'emploi total.

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