
La Loi de Finances 2026, promulguée le 12 décembre 2025, s'inscrit dans une trajectoire d'expansion budgétaire marquée. En comparant ses dispositions aux résultats actualisés de l'exercice 2025 fournis par le ministère des Finances, on observe une volonté de renforcer les ressources de l'État pour faire face à des charges croissantes, creusant par conséquent le besoin de financement.
L'indicateur le plus large de l'activité financière de l'État, le budget global (incluant les dépenses nettes et le service de la dette en principal), affiche une progression notable. Pour l'année 2026, ce volume global est projeté à environ 79,42 milliards de dinars (MD).
Ce montant marque une augmentation de 3,6 % par rapport au budget global actualisé de 2025, qui devrait atterrir à 76 632 MD selon les dernières estimations du ministère (contre une prévision initiale de 78 231 MD). Cette hausse reflète la poursuite des engagements de l'État malgré un contexte de révision à la baisse des réalisations de 2025.
Pour soutenir cette expansion, l'État table sur une mobilisation accrue des recettes. Les recettes budgétaires totales pour 2026 sont fixées à 52 560 MD, soit une progression de 7,1 % par rapport aux 49 090 MD attendus à la clôture de 2025.
Cette croissance repose essentiellement sur la performance fiscale :
Recettes fiscales : Elles devraient atteindre 47 773 MD en 2026, enregistrant une hausse de 7,3 % par rapport aux 44 523 MD estimés pour 2025. Ces recettes constituent le socle du budget, représentant près de 91 % des recettes totales.
Recettes non fiscales : Prévues à 4 437 MD pour 2026, elles affichent une augmentation de 5,2 % comparativement aux 4 217 MD actualisés pour 2025 (eux-mêmes en baisse par rapport à 2024).
Dons : Estimés à 350 MD, ils demeurent une ressource d'appoint stable (0,7 % du total).
Ainsi, les ressources propres (fiscales et non fiscales) couvriront environ 66 % des besoins totaux de l'État en 2026, une structure similaire à celle observée dans l'exécution de 2025.
Face à ces ressources, les charges de l'État continuent de croître, entraînant un élargissement du déficit.
Le déficit budgétaire pour 2026 est arrêté à 11 015 MD. En comparaison avec le déficit actualisé de 2025, estimé à 9 641 MD (hors dons et confiscation), cela représente une aggravation significative de 14,2 %.
Cette détérioration du solde budgétaire, conjuguée au poids des remboursements de la dette, impose un recours important aux marchés financiers.
Pour boucler son budget 2026, l'État fait face à un besoin de financement (ressources de trésorerie) de 27 064 MD. Ce montant est très proche des 27 542 MD mobilisés en 2025 via l'endettement et la trésorerie nette pour combler le déficit et amortir la dette.
La structure de financement pour 2026 privilégie toujours le marché domestique :
Emprunts intérieurs : 19 056 MD (environ 70 % des emprunts).
Emprunts extérieurs : 6 808 MD.
Ressources de trésorerie diverses : 1 200 MD.
En conclusion, si la Loi de Finances 2026 prévoit une collecte d'impôts plus efficace (+7,3 %), l'augmentation des dépenses maintient les finances publiques sous tension, nécessitant un niveau d'endettement quasi équivalent à celui de l'exercice 2025 actualisé pour assurer l'équilibre global.