Alors que la présidence brésilienne du G20 envisage une taxe sur les super-riches, les États-Unis ont déjà exprimé leur désintérêt, préférant que chaque pays instaure un système fiscal "juste et progressif". Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva espérait avancer sur ce projet, soutenu par un rapport détaillant la faisabilité d'un impôt minimum mondial sur les milliardaires. Ce rapport, commandé par la présidence brésilienne, suggère que les personnes possédant plus d'un milliard de dollars devraient payer 2 % de leur richesse en impôt, ce qui permettrait de collecter entre 200 et 250 milliards de dollars par an.
Cependant, la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a déclaré qu'une telle coordination internationale n'était ni nécessaire ni souhaitable, appelant plutôt à un système fiscal "juste et progressif". L'Union africaine, nouvellement membre du G20, ainsi que la France, l'Espagne, la Belgique et la Colombie ont montré de l'intérêt pour cette proposition, tandis que l'Allemagne, comme les États-Unis, reste réservée.
Le rapport de Gabriel Zucman, économiste français, indique que les milliardaires paient actuellement seulement 0,3 % de leur fortune en impôts. Une taxe de 2 % pourrait financer des services publics et la lutte contre le changement climatique, tout en réduisant les inégalités. Les milliardaires détiennent actuellement 13 % du PIB mondial, contre 3 % en 1987, un fossé qui s'est creusé depuis la pandémie de coronavirus, selon Oxfam International.
Les ministres des Finances du G20, réunis à Rio de Janeiro, vont tenter de trouver une position commune sur ce sujet brûlant. Bien que le ministre des Finances brésilien Fernando Haddad ait salué un consensus historique sur la taxation internationale, les divisions persistent. L'économiste Gabriel Zucman appelle à renforcer cet agenda, affirmant qu'il est temps de passer à l'action sans retour en arrière.