Le directeur général de la Poste tunisienne, Sami Mekki, a déclaré lors de son audition devant le comité des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du Peuple (ARP) le mercredi 27 mars 2024, dans le cadre du projet de loi sur la lutte contre l'exclusion financière, qu'une demande de licence pour la création d'une banque postale avait été soumise à la banque centrale depuis la fin de l'année 2019. Il a ajouté que la banque centrale, dans sa réponse, a demandé une révision du modèle économique pour le conformer aux orientations de la banque, et qu'un comité a été formé à cet effet pour surmonter les obstacles, principalement liés à la forme juridique requise pour la création de la banque sous forme de société anonyme et à la demande de transférer tous ses services financiers à la banque centrale. Il a expliqué qu'une seconde demande avait été soumise aux autorités concernées et n'avait pas encore reçu de réponse.
Sami Mekki a souligné que la création d'une banque postale est un élément essentiel pour renforcer l'inclusion financière, car elle attire de nombreux groupes, en particulier dans les zones non couvertes par les services bancaires. Il a considéré que la présence du bureau de poste dans la plupart des régions et la fourniture de services à un coût inférieur à ceux des banques, grâce à sa capacité à suivre les évolutions technologiques, le rend capable de se transformer en banque à court terme. Il a précisé que le projet proposé fonctionnera en complémentarité avec le système bancaire. La Poste a réussi à constituer un vaste et diversifié réseau de clients qui lui ont permis d'enregistrer plus de 2 millions de comptes courants postaux et 4 millions de comptes d'épargne postaux.
Au cours de cette audition, les membres du comité ont souligné l'importance de la création d'une banque postale pour soutenir l'inclusion financière et dynamiser l'économie en intégrant les couches sociales marginalisées, la considérant comme un composant clé du développement local et un moyen de lutter contre l'exclusion bancaire. Ils ont interrogé sur les obstacles à la création de cette banque et les parties responsables. Ils ont souligné la nécessité pour la banque postale de ne pas offrir des services financiers similaires à ceux des banques, en particulier en ce qui concerne les taux d'intérêt et les commissions. Certains députés ont évoqué la faiblesse des services postaux dans certaines régions, nécessitant l'aménagement et la création de nouveaux centres. D’autres membres ont recommandé d'accélérer la formation des catégories vulnérables, notamment des analphabètes, sur l'utilisation des moyens de communication et de paiement électroniques.