Dans une avancée majeure pour le secteur financier marocain, la Bourse de Casablanca a officiellement lancé son marché à terme le mardi 12 novembre 2024. Cette initiative, qui débutera avec les contrats à terme sur l'indice MASI20 dans une approche de déploiement progressif, a été saluée par la World Federation of Exchanges (WFE) et marque un tournant décisif dans l'histoire de la place financière marocaine.
Les contrats à terme sur indices : un outil stratégique pour les investisseurs
Les contrats à terme sur l'indice MASI20, premier produit dérivé lancé sur le marché marocain, permettent aux investisseurs de prendre des positions sur l'évolution future de l'indice phare de la Bourse de Casablanca. Ces instruments financiers offrent plusieurs avantages stratégiques :
- La possibilité de se couvrir contre le risque de baisse du marché actions
- L'opportunité de spéculer sur les mouvements de l'indice sans avoir à acheter directement les actions sous- jacentes
- Une meilleure liquidité et des coûts de transaction généralement plus faibles que l'achat direct d'un portefeuille d'actions
- La capacité de mettre en place des stratégies d'arbitrage sophistiquées
Un développement unique en Afrique
"Lancer un nouveau marché est un défi considérable pour toute bourse, et le lancement officiel des dérivés par la Bourse de Casablanca lundi 11 novembre est un accomplissement remarquable", déclare Nandini Sukumar, Directrice Générale de la La World Federation of Exchange (WFE), dans un entretien accordé à lematin.ma. Elle souligne notamment que ce développement est d'autant plus significatif qu'"il n'existe actuellement qu'un seul marché de ce type sur le continent africain."
La liquidité au cœur des enjeux futurs
Toujours selon la Directrice Générale de la WFE, le défi majeur sera d'assurer la viabilité du marché. "La construction et le maintien d'un marché liquide constituent toujours le défi majeur pour assurer le bon fonctionnement de tout marché de dérivés", explique-t-elle à lematin.ma. "Il est essentiel d'attirer une base large de participants, incluant des investisseurs, des investisseurs institutionnels, et des investisseurs étrangers, pour garantir la profondeur et la liquidité du marché."
Une restructuration stratégique ambitieuse
La Bourse de Casablanca franchit une nouvelle étape dans son évolution en se transformant en groupe intégré. Cette évolution, qui s'inscrit dans la continuité de la démutualisation initiée en 2016, s'articule autour d'une structure holding innovante comprenant plusieurs filiales stratégiques :
- Une filiale dédiée au marché comptant, détenue à 100% par le groupe
- Une nouvelle entité pour le marché à terme, également propriété exclusive du groupe
- Une Chambre de Compensation (CCP) avec une participation bancaire de 49%
- Une participation stratégique de 34% dans Maroclear
Cette nouvelle architecture organisationnelle vise à optimiser le fonctionnement de la place boursière tout en renforçant son intégration verticale. La structure holding permettra une meilleure coordination des différentes activités tout en maintenant l'autonomie opérationnelle de chaque entité.
L'éducation des investisseurs comme priorité
Nandini Sukumar insiste sur l'importance de la formation : "L'éducation des investisseurs sera cruciale à cet égard, et la bourse réfléchira à la manière d'élargir la sensibilisation et la compréhension des investisseurs sur la manière dont les dérivés permettent de gérer les risques financiers, de faciliter les stratégies d'investissement et, en fin de compte, de contribuer à la liquidité et à la stabilité des marchés financiers", confie-t-elle au quotidien marocain.
Perspectives pour le marché marocain
Cette transformation marque l'entrée du Maroc dans le cercle restreint des places financières dotées d'une infrastructure de marché intégrée. Elle promet d'accroître significativement l'attractivité du marché marocain en offrant aux investisseurs des opportunités plus diversifiées et innovantes, tout en renforçant la stabilité et la compétitivité de la place financière de Casablanca.