Selon un rapport récent de WAMDA, le premier semestre de 2024 a enregistré des investissements totalisant 881,7 millions de dollars dans les startups de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), répartis sur 228 transactions. Bien que ce chiffre représente une baisse de 46 % par rapport à la même période en 2023, il démontre une certaine résilience du secteur face aux incertitudes géopolitiques et économiques qui secouent la région.
Dans ce paysage en mutation, la Tunisie peine à tirer son épingle du jeu. Avec seulement 8,3 millions de dollars levés sur le semestre, le pays se classe loin derrière les leaders régionaux que sont les Émirats Arabes Unis (455,5 millions de dollars) et l'Arabie Saoudite (300 millions de dollars). Cette performance place la Tunisie au 6ème rang des pays de la région, derrière l'Égypte (83 millions de dollars) et même le Maroc (12,5 millions de dollars), qui semble gagner en attractivité auprès des investisseurs.
Le mois de juin 2024 n'a pas particulièrement brillé pour l'écosystème tunisien des startups. Sur les 116 millions de dollars investis dans la région ce mois-là, la Tunisie n'a capté que 207 000 dollars, soit moins de 0,2 % du total. Cette performance la positionne loin derrière les Émirats Arabes Unis (82,5 millions de dollars), l'Égypte (15 millions de dollars) et l'Arabie Saoudite (13,5 millions de dollars).
Malgré ces chiffres peu encourageants, il convient de noter que la Tunisie maintient une activité constante dans son écosystème de startups. Le pays figure régulièrement parmi les nations recevant des investissements, même si les montants restent modestes par rapport à ses voisins du Golfe.
La situation tunisienne s'inscrit dans un contexte régional complexe. L'ensemble de la région MENA a vu ses investissements dans les startups diminuer au premier semestre 2024, en partie à cause de la guerre à Gaza et de l'incertitude économique. L'Égypte, par exemple, a connu une chute drastique de 80 % de ses investissements par rapport à l'année précédente.
Un changement notable au premier semestre 2024 est l'émergence de la proptech comme secteur le plus financé, attirant 200 millions de dollars et détrônant la fintech qui a levé 156 millions de dollars. Cette évolution pourrait offrir de nouvelles opportunités pour les startups tunisiennes spécialisées dans ces domaines.
Dans un contexte de ralentissement général des investissements, la Tunisie a l'opportunité de se repositionner et de préparer le terrain pour une future croissance, en s'adaptant aux nouvelles tendances du marché et en misant sur ses atouts uniques.